MATÉRIEL ET OUTILLAGE
Extrait du livre : L’apiculture pour tous » de l’abbé Émile Warré
L’enfumoir – L’enfumoir est un instrument de toute nécessité pour quiconque veut s’occuper d’abeilles. Il en existe un grand nombre de modèles. Chacun peut choisir selon son goût et selon le combustible dont il dispose. Toutefois, les deux enfumoirs les plus employés sont le Layens et le Bingham. L’enfumoir Layens a l’avantage de donner une fumée douce et régulière, et de fonctionner seul pendant un quart d’heure. C’est un mouvement d’horlogerie qui le fait fonctionner. Cet enfumoir a aussi ses inconvénients. Son foyer n’a pas de dimensions bien grandes : il faut l’alimenter souvent. On ne peut obtenir de lui une fumée plus abondante quand par hasard on en a besoin. De plus, son mouvement d’horlogerie fait entendre un bruit qui ne plaît pas aux abeilles de la colonie qu’on visite, encore moins aux voisines. Enfin, ce mouvement d’horlogerie est assez fragile : ce qui rend l’enfumoir Layens très coûteux. L’enfumoir Bingham est à mon avis plus pratique, surtout le petit modèle. On le tient bien en main. On en obtient une fumée douce quand on veut, une fumée forte et abondante quand on en a besoin. Quand on cesse d’en avoir besoin et qu’on le place la bouche en l’air, il n’incommode pas les abeilles, comme le Layens, et il ne consomme que peu de combustible sans cependant s’éteindre. Dans cet enfumoir on peut employer des rouleaux de papier ondulé et de toile peu coûteuse (d’emballage, de vieux sacs). Ces rouleaux doivent avoir un diamètre un peu inférieur à celui de l’intérieur de l’enfumoir, afin qu’ils puissent être introduits facilement. Leur longueur doit être des deux tiers de la longueur de l’intérieur de l’enfumoir, afin de permettre l’introduction d’un nouveau rouleau quand il reste encore la moitié du précédent. De cette façon, l’allumage se fait seul, la fumée ne fait jamais défaut et ne contient jamais de cendres émbrasées.
De temps en temps, avant de remettre un nouveau rouleau, on retire de l’enfumoir ce qui reste du précédent rouleau et on fait tomber les cendres qui ont pu s’amasser au fond de l’enfumoir. On remet dans l’enfumoir le rouleau en partie consumé, puis on ajoute un nouveau rouleau. Par temps sec, les rouleaux se consument trop vite. On peut les mouiller par moitié. Ils se consument moins vite et donnent plus de fumée. Bien entendu, dans ce cas, il faut introduire, la première, la partie non mouillée. Quand on renouvellera la toile enduite de propolis, qui recouvre les porte-rayons, on se trouvera bien d’en mettre un morceau dans le rouleau de l’enfumoir. On pourra aussi y mettre des menus morceaux de propolis.
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