Le problème de la cire gaufrée

Dans l’apiculture conventionnelle, l’utilisation de cire industrielle sous forme de feuilles gaufrées est la norme pour la plupart des apiculteurs.

Par habitude, parce qu’on l’a appris comme ça, parce que « tous les pros » font pareil… Bref, probablement plus par convention et par conviction que par raison. Mais cette cire pose plusieurs problèmes depuis un certain temps… Les problèmes D’abord, la cire coûte cher, très cher. … Si on estime les besoins à 1 kg par ruche, ça représente un poste très important dans les frais d’exploitation.

Et lorsque l’on connaît les besoins de l’apiculture moderne en cires, cela ne risque pas de s’améliorer dans les années à venir. La cire contient des produits non désirés. Lorsqu’on analyse la cire d’abeille, on y trouve des molécules en grand nombre. Celles que l’apiculteur a déposé en faisant certains traitements (Amitraze…), ceux présents dans l’environnement (pesticides divers…). Toutes ces molécules s’accumulent dans la cire, un corps gras qui garde intactes ces molécules.

Même les cires bio, souvent importées d’Asie, nécessitent des dérogations pour pouvoir être utilisées en apiculture biologique.

En plus, la pose des feuilles de cire dans les cadres prend beaucoup de temps et est compliquée, ce qui a déjà poussé plus d’un débutant au désespoir ; ça nécessite aussi un appareil électrique supplémentaire ainsi qu’un peu d’entraînement pour que les feuilles tiennent bien sur les fils.

Les cire gaufrés limitent la ponte de la reine

En effet, les alvéoles sont conçues pour accueillir principalement des ouvrières et ne sont donc pas adaptées aux alvéoles de faux-bourdons. Ça modifie artificiellement le fonctionnement de la colonie.

Solutions possibles

Il existe de nombreuses solutions, mais seules quelques-unes correspondent à une pratique professionnelle qui exige un minimum de fiabilité et de résultats.

Passer à une construction naturelle, sans cadre, avec des ruches modifiées (ruches biodiversité), dont l’intérieur cylindrique est recouvert de roseaux ou d’argile, voire constitué de troncs d’arbres massifs, comme c’est le cas dans la ZEIDLEREI ou dans notre ruche pédagogique, la ruche Mellifera, qui peut être exploitée de différentes manières, avec ou sans cadres.

Une raison supplémentaire de transformer une ruche standard en utilisant des matériaux naturels, comme nous le montrons dans nos cours d’apiculture naturelle.

Cela surprend souvent, en particulier ceux qui pratiquent déjà l’apiculture, mais nous n’utilisons absolument pas de cire gaufrée dans nos ruches. C’est même l’un de nos principes fondamentaux : les abeilles construisent elles-mêmes leurs rayons ! Il ne faut pas oublier que les abeilles étaient sur terre bien avant les humains (plusieurs millions d’années avant, tout de même !) et qu’elles n’ont pas attendu notre arrivée pour construire leurs rayons de cire dans toutes les grottes qu’elles ont habitées.

La cire alvéolaire a été inventée et développée par un marchand de cire nommé Charles Dadant. L’objectif était de contrôler la construction de manière à préserver la mobilité des cadres afin de permettre toutes les manipulations nécessaires à l’intensification de l’activité, d’empêcher la construction de cellules de faux-bourdons, de limiter la dépense énergétique de la colonie au profit de la production de miel et, accessoirement, de pouvoir continuer à vendre de la cire alors que l’électricité avait fait s’effondrer le marché des bougies et des lampes à cire… Aujourd’hui, les plus gros consommateurs de cire d’abeille dans le monde sont les apiculteurs (!), dont les abeilles produisent cette cire – nous vivons une époque remarquable. La consommation de cire par l’apiculture est même si élevée qu’elle dépasse les capacités de production, et nous avons observé de nombreuses cires falsifiées avec des produits étrangers provenant de la ruche, qui sont moins chers et plus étranges que tous les autres, sans parler des problèmes de santé que ces cires peuvent causer, car elles proviennent parfois de ruches malades ou ont été traitées avec des produits chimiques.

La cire, une substance grasse, retient les substances nocives et les impuretés ; elle est difficile à désinfecter. Dans nos ruches, les abeilles construisent leurs rayons à leur guise. Si vous souhaitez préserver la mobilité des rayons et ainsi orienter leur construction dans les cadres, il vous suffit d’insérer un cadre vide entre deux cadres déjà construits. Un montant placé dans le cadre le renforce et accélère le processus de construction des rayons. Il existe toujours des solutions simples. Retirer une partie de l’ancienne cire à chaque récolte de miel contribue également à maintenir la ruche en bonne santé, ce qui permet aux abeilles de produire régulièrement une belle cire et à nous de fabriquer nos cosmétiques, baumes, pommades et bougies – d’autant plus que nous n’utilisons (bien sûr !) aucune substance chimique et/ou toxique dans nos ruches.

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