Comment accueillir et protéger les papillons dans son jardin ?

Créer un havre de paix : Comment accueillir et protéger les papillons chez soi
Pour voir danser les papillons dans nos grandes prairies sauvages, il ne suffit pas d’admirer leur vol léger en été. Le vrai secret réside dans notre capacité à leur offrir un refuge tout au long de l’année. Accueillir ces joyaux de la nature, c’est avant tout prendre soin de leurs chenilles et protéger les espaces où elles grandissent et passent l’hiver.

Nos fiers ambassadeurs : Le Vulcain et le Machaon

Voici deux invités d’honneur que nous avons la chance de croiser régulièrement sur nos terres sauvages :
 
papillion
Le Vulcain (Vanessa atalanta) :

 

Le Vulcain (Vanessa atalanta) : Avec ses ailes d’un brun velouté, traversées d’un éclatant ruban rouge orangé et piquées de taches blanches, le Vulcain est un aventurier fascinant. C’est un papillon qui aime la chaleur printanière et automnale, trouvant souvent refuge sur nos fleurs de verge.

 

 

Papillion Macao
Le Machaon (Papilion machaon)

 

Le Machaon (Papilio machaon) : Véritable roi de nos prairies, il impressionne par sa grande envergure, ses ailes jaune clair finement zébrées de noir, ses lunules bleues et ses délicates extensions en forme de « queues ». Un spectacle royal à chaque apparition.

 
Le buffet des chenilles : Les plantes à chérir
Un papillon adulte butine de nombreuses fleurs, mais sa chenille, elle, est extrêmement sélective. Sans les bonnes plantes sauvages, les adultes ne viendront pas pondre dans nos espaces.

L’ortie divine pour le Vulcain : Souvent mal-aimée, la grande ortie (Urtica dioica) est pourtant le berceau indispensable du Vulcain. C’est ici, au milieu des feuilles piquantes, que sa chenille tisse son petit abri de soie pour se nourrir et grandir en toute sécurité.

Les ombellifères sauvages pour le Machaon : La chenille du Machaon, facilement reconnaissable à sa robe verte annelée de noir et de points orange, raffole des plantes de la famille des Apiacées. Le fenouil sauvage, la carotte sauvage, l’aneth et le persil monté en graines sont ses mets favoris.

L’art de ne rien faire : Protéger les refuges d’hiver
Le plus grand danger pour les futures générations de papillons est le nettoyage trop zélé de l’automne. C’est à cette période que se joue leur survie.
Certaines chenilles se transforment en chrysalides et s’attachent fermement aux tiges de graminées sèches, aux vieux morceaux de bois ou aux friches que nous laissons volontairement pousser. D’autres passent la mauvaise saison cachées dans le tapis de feuilles mortes ou au cœur des touffes d’orties desséchées.
En choisissant de laisser nos herbes folles intactes tout au long de l’hiver, nous n’abandonnons pas notre terre : nous offrons une forteresse protectrice contre le gel et les prédateurs. C’est dans ce désordre apparent que se prépare secrètement le réveil coloré du prochain printemps.