La canicule et les abeilles
Comment je peux mieux protéger mes ruches avant la canicule ?
Avec le changement climatique, ces vagues de chaleur sont de plus en plus fréquentes. Elles soulignent à quel point il est important d’avoir une apiculture qui offre aux abeilles un habitat plus proche de leurs conditions naturelles : des ruches mieux isolées, une protection contre le soleil direct, une bonne aération et un accès permanent à une source d’eau.
Face à ces vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, il ne s’agit pas seulement de protéger les abeilles de la chaleur, mais aussi de leur offrir une ruche qui limite les variations de température. À l’instar du tronc d’un vieil arbre, des parois épaisses contribuent à créer un microclimat plus stable, permettant ainsi à la colonie de consacrer davantage d’énergie à son développement plutôt qu’à la régulation de la température.
Pour préparer les ruches à une vague de chaleur, le plus important est de limiter le stress thermique tout en permettant aux abeilles de réguler elles-mêmes la température de la colonie. Normalement, les abeilles maintiennent le couvain à environ 35 °C, mais si une ruche surchauffe, une grande partie des ouvrières doit s’occuper de l’aération et aller chercher de l’eau, au lieu de butiner.
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Qu'est-ce que la canicule ?
La canicule est une période de chaleur exceptionnellement élevée, qui dure généralement au moins plusieurs jours et plusieurs nuits, avec des températures qui restent anormalement élevées même la nuit.
Contrairement à une simple journée très chaude, une canicule se caractérise par :
- des températures maximales très élevées le jour ;
- des températures minimales qui ne redescendent pas suffisamment la nuit ;
- une durée de plusieurs jours consécutifs.
En France, les seuils exacts de la canicule varient selon les départements, car ils sont définis en fonction du climat habituel de chaque région. Par exemple, une canicule dans le nord du pays peut correspondre à des températures plus basses que dans le sud, où la population est davantage habituée à la chaleur.
La canicule peut avoir des conséquences importantes :
- pour les personnes âgées, les nourrissons et les personnes fragiles ;
- pour les animaux, y compris les abeilles ;
- pour les cultures et les forêts, avec un risque accru de sécheresse et d’incendies.
Dans le contexte de l’apiculture, les canicules peuvent provoquer une surchauffe des ruches. Les abeilles doivent alors consacrer une partie importante de leur énergie à ventiler la colonie et à maintenir la température du couvain autour de 35 °C, plutôt qu’à récolter du nectar ou du pollen. C’est pourquoi une ruche bien conçue, offrant une bonne protection contre les fortes chaleurs, peut contribuer au bien-être de la colonie.
Quelles sont les conséquences pour l’apiculture ?
Les épisodes de canicule ont des conséquences de plus en plus importantes pour l’apiculture. Lorsque les températures restent très élevées pendant plusieurs jours, les abeilles doivent consacrer une grande partie de leur énergie à assurer la survie de la colonie plutôt qu’à produire du miel.
Les principales conséquences sont les suivantes :
- Surchauffe de la ruche : lorsque la température intérieure augmente, les abeilles ventilent intensément en battant des ailes et rapportent de l’eau pour refroidir le couvain par évaporation.
- Consommation d’énergie accrue : les butineuses sont mobilisées pour la collecte d’eau au lieu de récolter du nectar et du pollen, ce qui réduit les ressources disponibles pour la colonie.
- Stress du couvain : le couvain doit être maintenu autour de 34 à 35 °C. Si cette température est dépassée de manière prolongée, le développement des larves peut être perturbé.
- Baisse des miellées : en période de forte chaleur et de sécheresse, de nombreuses plantes produisent moins de nectar, voire plus du tout. Les récoltes de miel diminuent alors fortement.
- Consommation des réserves : lorsque les ressources extérieures se raréfient, les colonies puisent dans leurs provisions pour survivre.
- Risque accru d’essaimage ou d’abandon de rayons : une chaleur excessive peut accentuer le stress de la colonie, notamment dans les ruches insuffisamment protégées contre les variations thermiques.
- Déshydratation : les abeilles ont un besoin important d’eau. Si celle-ci est difficile à trouver, la colonie s’affaiblit.
Résumé des mesures à prendre :
Prévoyez de l’ombre, en particulier pendant les heures les plus chaudes de l’après-midi. Une ombre légère sous un arbre au feuillage dense ou un filet d’ombrage est souvent préférable à une exposition directe au soleil toute la journée.
- Veillez à ce qu’il y ait de l’eau à proximité. Un abreuvoir peu profond contenant des cailloux, du gravier ou des bouchons flottants permet aux abeilles de s’abreuver sans se noyer.
- Isolez bien le toit. C’est souvent la partie la plus exposée au soleil. Un toit épais ou bien isolé réduit considérablement la température intérieure.
- Veillez également à bien isoler la planche de vol. C’est la partie de la ruche la plus exposée au froid et à l’humidité. Un fond de vol (écofloor) bien isolé, composé de bois massif et d’un peu de terre argileuse, aide à réguler l’humidité du sol et offre une isolation considérable contre le gel du sol lors des vagues de froid.
- Privilégiez les parois épaisses. C’est un sujet sur lequel nous nous sommes longuement penchés ces derniers temps : une ruche en bois massif aux parois épaisses compense bien mieux les variations de température qu’une ruche aux parois minces. Lors des vagues de chaleur, cette inertie thermique s’avère particulièrement précieuse.
- Veillez à assurer une bonne circulation de l’air, sans pour autant créer de courants d’air excessifs. Une ouverture d’envol ronde facilite la ventilation pour les abeilles et leur permet de mieux se défendre contre les prédateurs.
- Évitez les interventions inutiles (visites, récoltes, manipulations) pendant les heures les plus chaudes de la journée. Si une visite est inévitable, il est préférable de la faire tôt le matin.
Une ruche vigoureuse située dans un rucher bien isolé consomme moins d’énergie pour refroidir son nid. Les abeilles peuvent ainsi consacrer plus de temps à la récolte du nectar et à l’élevage du couvain, au lieu de devoir mobiliser des centaines d’ouvrières pour l’aération.
Une bonne isolation ne sert pas seulement à protéger les abeilles du froid en hiver. En été, elle ralentit également la pénétration de la chaleur, ce qui aide la colonie à maintenir un climat intérieur plus stable et réduit l’effort nécessaire au refroidissement de la ruche.
